Himalaya : Des Titans d’Ombre et de Lumière

Face à moi, les sommets les plus hauts du monde. Difficile de croire qu’ils ne sont que la conséquence d’une collision entre deux plaques tectoniques. Non, au fond de moi je sais qu’il s’agit d’autre chose, d’une vérité qui nous échappe et que l’on tente avec arrogance de justifier; car la seule certitude est que tout, absolument tout ce qui concerne ces montagnes, défie l’imagination. Et c’est de celle-ci que prend forme la fascination qui me pousse en quête d’aventure vers les pics démesurés de la chaîne de l’Himalaya, demeures ancestrales des dieux.

Mais au-delà de la démesure, ce sont aussi les contrastes, omniprésents, qui m’ont frappé. Des roches sombres, presque noires, saupoudrées de neige d’une blancheur immaculée; des forêts, denses et pétillantes de vie, muant de manière subtile en des terres désolées; des montagnes, colossales et d’apparence invincibles, rongées peu à peu par la glace et les vents dans un va-et-vient incessant. Aux aguets, j’assiste à chaque instant au combat que se livrent ces titans d’ombre et de lumière, une lutte rythmée par le son des avalanches de roches et de neige, et je prends soudain conscience de l’impermanence du monde.

Les dieux eux-mêmes meurent
Et dans cette lente décrépitude
De leur sueur offrent la vie.